Ça promet…
Archives mensuelles : septembre 2022
Les AESH privés pointent le bout de leur nez
Cette demande concerne majoritairement les parents des enfants autistes. Mais tout n’est pas rose, ni simple pour l’instant.
Du côté de l’Éducation nationale
- Certains recteurs, chefs d’établissement et enseignants se montrent très méfiants. Ceux qui acceptent appartiennent aux académies qui peinent à recruter des AESH.
- Seuls les parents dont les enfants ont une notification d’accompagnement individualisé sont autorisés à faire appel aux AESH privés, d’où une recrudescence très nette des recours auprès de la MDPH pour requalifier les accompagnements mutualisés.
- Lorsque des parents deviennent les employeurs d’AESH, ils peuvent leur imposer un compte rendu quotidien. Une exigence qui est formellement interdite pour les AESH recrutés par l’Éducation nationale.
- Certaines académies ont accepté que des AESH sous contrat avec l’Éducation nationale, soient aussi embauchés sur le temps hors-scolaire par des associations, réduisant de facto les possibilités de mobilité intra PIAL de ces AESH.
Du côté des AESH
- Ils ne sont pas à l’abri d’être recrutés par une famille incorrecte et se retrouveront seuls et sans le soutien du SNALC pour défendre leurs droits.
- Le CDI (pas de CDD, le recrutement des AESH privés ne se fait qu’en CDI) peut être interrompu à tout moment si l’enfant intègre une autre structure, si la famille déménage ou si la MDPH ne reconduit pas l’aide humaine.
- Comme les associations ont, elles aussi, de plus en plus de mal à recruter, elles demandent un « engagement moral » de 1 an vis-à-vis des familles.
- La rémunération horaire brute varie de 12 à 15 euros mais les associations souhaitent du personnel très qualifié : des AESH, des moniteurs éducateurs, des éducateurs spécialisés, des étudiants en psychologie ou futurs enseignants déjà formés aux méthodes ABBA, TEACH… Et lorsqu’ils trouvent des candidats non qualifiés, ils suggèrent aux familles de prendre en charge ces formations spécialisées. Les AESH privés peuvent être payés en CESU lorsqu’ils sont à domicile.
Dévaloriser pour mieux recruter ?
La revalorisation indiciaire du 1er juillet 2022 est certes appréciable mais ce n’est pas le rattrapage salarial qui nous est dû, et celle-ci ne compense en rien la dévalorisation constante – et à différents niveaux – de notre profession.
Lors de son audition à l’Assemblée nationale le mardi 2 août 2022, le ministre de l’Education nationale, jusque-là peu prolixe, dut répondre à plusieurs questions relatives à l’attractivité du métier.
Sa réponse fut en partie une inquiétante interrogation, remettant en question le fait de recruter à BAC +5 pour le professorat des écoles. En effet, repousser le CRPE à la fin du Master 2 n’a pas arrangé le problème de l’attractivité, mais douter de l’intérêt d’un BAC+5, c’est ouvrir la porte à une baisse du niveau de recrutement, risquer de créer une nouvelle catégorie de PE (pour ne pas dire sous-catégorie) et ainsi ne pas avoir à augmenter les salaires, si ce n’est oser revenir sur l’égalité indiciaire entre certifiés et PE. Par ailleurs, douter de la nécessité de recruter à niveau M2, ne serait-ce pas une manière douce de faire avaler la pilule – aux parents d’élèves – du recours exponentiel à la contractualisation pour garantir un « enseignant » devant chaque classe ?
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