Le mot du président : quand l’État fait les poches à l’école primaire

Jean-Rémi GIRARD
Président du SNALC

Les suppressions de postes prévues au budget ? C’est « salutaire » de suivre la démographie, selon le ministre de la Fonction publique. Les conditions de travail en Seine-Saint-Denis ? C’est « une expertise supplémentaire que l’on donne à nos enseignants », d’après la ministre de l’Éducation nationale. Fabuleux, non ?

Il faut dire que la post-vérité tourne à plein régime en ce moment au ministère. On « dialogue » alors que tout est déjà décidé avant le dialogue ; on vous dit que vous avez des idées intéressantes juste avant d’affirmer tout le contraire de ce sur quoi vous venez d’argumenter ; on fait des promesses la veille qui sont rompues dès le lendemain.

Dernier exemple en date de désinvolture, celle de notre ministère : la façon de traiter l’alerte sociale lancée par le SNALC et les autres organisations représentatives — une unanimité jamais vue depuis l’existence de ce dispositif. Non seulement un cadre du cabinet informe les médias en amont de ce qui va être dit en réunion, mais de surcroît la version « médias » ne correspond pas du tout aux échanges qui s’y sont tenus ! C’est ainsi qu’au sortir de la rue de Grenelle, nous avons pu découvrir des articles affirmant que ministère et syndicats avaient échangé sur des sujets… sur lesquels nous n’avions pas échangé.

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Numéro 1494 : 4 novembre 2024, lecture en ligne


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SOMMAIRE
QUAND L’ÉTAT FAIT LES POCHES À L’ÉCOLE PRIMAIRE

Les suppressions de postes prévues au budget ? C’est « salutaire » de suivre la démographie, selon le ministre de la Fonction publique. Les conditions de travail en Seine-Saint-Denis ? C’est « une expertise supplémentaire que l’on donne à nos enseignants », d’après la ministre de l’Éducation nationale. Fabuleux, non ?

Il faut dire que la post-vérité tourne à plein régime en ce moment au ministère. On « dialogue » alors que tout est déjà décidé avant le dialogue ; on vous dit que vous avez des idées intéressantes juste avant d’affirmer tout le contraire de ce sur quoi vous venez d’argumenter ; on fait des promesses la veille qui sont rompues dès le lendemain…

ACTUALITÉS DU MOIS
  • Un mépris inqualifiable
  • Direction d’école : le ministère entend mais n’écoute pas
  • Mouvement inter 2025 : le renouveau n’est pas pour demain !
  • Bilan du mouvement POP : un flop ?
  • Les sorties scolaires sur le bon chemin !
  • Évaluations nationales de mi-CP : analyse des résulta
LES PERSONNELS
  • Les autorisations d’absence liées à la grossesse
  • Ne l’oubliez pas !
CONDITIONS DE TRAVAIL
  • Rapport de la médiatrice : « faire alliance, redonner confiance »
  • Discrétion professionnelle et secret professionnel

Direction d’école : le ministère entend mais n’écoute pas

Dans le contexte de la Loi Rilhac, l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR) a observé la mise en pratique du pilotage pédagogique des directeurs d’école sur l’année scolaire 2023-2024. Pour le SNALC, les recommandations apportées par le rapport de l’IGÉSR ne vont pas dans la bonne direction.

Le SNALC rappelle que les directeurs d’école, pleinement engagés dans le fonctionnement et l’organisation de leur école, mais aussi dans la réussite de tous les élèves, ont besoin d’être accompagnés et mieux formés. Cette formation doit cibler des domaines incontournables et prioritaires tels que la responsabilité juridique, la sécurité des biens et des personnes, les outils numériques, l’école inclusive et la gestion de conflit.

C’est pourquoi l’avis du SNALC diverge de celui de l’IGÉSR qui propose, en lien avec la loi Rilhac, une formation plus centrée sur le pilotage pédagogique et sur le management d’équipe à l’instar de celle des chefs d’établissement du secondaire. En procédant ainsi, l’institution ne tiendrait pas compte des besoins de formation des principaux intéressés.

Le SNALC propose de mettre l’accent sur le tutorat par les pairs – qui doit être davantage développé – et d’accorder plus de décharge d’enseignement pour permettre aux directeurs « d’avoir le temps de » et de « prendre le temps de ».

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