Égalité femmes-hommes, bienveillante mascarade

Quand en 2022, on parle égalité hommes-femmes – pardon, femmes-hommes, comme si céder la priorité sur le papier compensait les injustices – on s’attend à aller vers un traitement équitable des agents. En fait, on se méprend lourdement. Pour le SNALC, le discours n’arrive pas à convaincre tant les mesures paraissent cosmétiques.

Quand l’administration soigne le symptôme…

La situation est diagnostiquée : tous les agents ne bénéficient pas d’un traitement équitable au sein de l’Éducation nationale. Ainsi, en 2015, une enseignante titulaire percevait en moyenne un salaire inférieur de 14 % à celui d’un enseignant.

Autre problème, le congé parental qui est souvent pris par la mère et rarement par le père. Il entraine d’une part la cessation des droits à traitement et à la retraite, et d’autre part la conservation partielle des droits à l’avancement alors réduits de moitié. Qu’à cela ne tienne, l’Éducation nationale ne va en rien changer ces règles mais va faire mine de compenser en octroyant plus de facilités aux femmes pour accéder aux promotions : comme il y a 84% de femmes dans le premier degré, il y aura 84% de femmes promues et 16% d’hommes. Il n’y aura pas davantage de promus ou des salaires plus élevés, il y aura simplement pour les promotions une ventilation revue. Plus de femmes promues, moins d’hommes promus. Donc à moyens constants, sans effort budgétaire.

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CTM du 28 juin 2022: déclaration du SNALC

Monsieur le Ministre,
Mesdames et Messieurs les représentants de l’administration,
Mesdames et Messieurs les membres élus du comité,

Au vu de l’urgence de la situation, de la crise des recrutements et du déclassement salarial et social des personnels, le SNALC attend des actes et non des discours. C’est pourquoi il s’applique aujourd’hui à lui-même ce qu’il vous demande d’appliquer, et restreint sa déclaration à l’essentiel, i.e. à des demandes d’actions les plus synthétiques possibles :

  • un rattrapage salarial qui concerne tous les personnels, sans contreparties et sans pacte (depuis Faust, le SNALC évite les pactes) ;
  • pas de blabla automnal. Les collègues ont autre chose à faire que de subir une énième concertation/consultation quand votre ministère dispose de toutes les données et de toutes les analyses sur les conditions de travail, le climat scolaire, la gestion de l’inclusion et des AESH, ou encore les problèmes causés par les réformes structurelles du précédent quinquennat (et de ceux d’avant)…

… Et c’est déjà pas mal. Vous pourrez bien évidemment trouver l’ensemble des revendications du SNALC auprès de ses représentants, et aussi auprès des personnes qui vous entourent, qui les connaissent normalement bien (mais demandez-nous quand même directement : c’est encore le plus sûr).

Merci de votre attention, et plus encore merci de préciser vos intentions, qui ne sont pas encore très claires dans votre dernière interview — voire qui sont parfois étonnantes au regard du fonctionnement réel d’un établissement scolaire.

Jean-Rémi GIRARD,
président du SNALC

Syndicat enseignant