Formation initiale : au pas de course et droit dans le mur

Ce lundi 6 mai, le SNALC et les autres organisations représentatives étaient reçues, en présence de la ministre, pour enfin échanger la réforme de la formation initiale des professeurs. Cette réunion, qui s’est tenue sans document, ouvre une phase de concertation qui se conclura le 21 mai (!) par un CSA ministériel pour un début de mise en œuvre à la rentrée prochaine. Bref, encore une parodie de dialogue social menée au pas de charge avec un projet déjà largement bouclé, mais plein à craquer de problèmes et d’incohérences.

La méthode est, pour le SNALC, tout à fait inacceptable. Hélas ! Le fond de la réforme présentée contient des éléments tout aussi inacceptables. En effet, comme les réformes précédentes, celle-ci mélange diplôme, formation et recrutement, ce qui va encore créer des horreurs.

Ainsi, le SNALC s’oppose :

  • à l’obligation de rester cinq années dans l’Éducation nationale sous peine de devoir rembourser les 900 euros mensuels d’indemnité perçus lors de l’année de M1 – car oui, on est passé de 1 400 à 900 euros mensuels ;
  • à l’obligation de passer un Master « ENSP » une fois le concours obtenu, plutôt que de laisser le choix du master. Pour le SNALC, on va empêcher les professeurs de se diriger vers la recherche ou vers l’agrégation ;
  • à la logique des « fast track » dans le premier degré qui mettra en concurrence et en rupture d’égalité des candidats issus de licences disciplinaires ayant l’obligation de passer l’intégralité du concours et des candidats issus d’une licence ad hoc (LPPE) pouvant être dispensés de l’ensemble des épreuves écrites.
Lire la suite

Classe exceptionnelle 2024 : des nouvelles règles entre opacité et injustice

Les nouvelles règles relative au grade sommital ont été publiées au BOEN spécial n°3 du 7 décembre 2023 . Désormais, il faut avoir atteint au moins le 5e échelon de la hors classe au 31 août de l’année d’établissement du tableau pour être promouvable et les deux viviers ont disparu. Le SNALC Ecole 83 vous en dit plus sur les modalités d’accès à ce troisième grade qui dépendra de l’appréciation de l’IEN.

C’est « sur la base d’une appréciation de la valeur professionnelle de l’agent promouvable en tenant compte de l’ensemble de sa carrière » (en s’appuyant sur le CV I-Prof) que l’IEN émet un avis. Son avis peut prendre trois formes : défavorable, favorable et très favorable. Ces avis ne sont soumis à aucun quota.
Il est à noter que seuls les avis défavorable et très favorable doivent être motivés et qu’aucun recours n’est possible en cas de désaccord ou d’incompréhension.
Les avis très favorable sont reconduits annuellement, sauf exception motivée, alors que les avis favorable et défavorable sont réévalués l’année suivante

Lire la suite

Violence à l’école : encore une concertation de pur affichage ?

Ce vendredi 3 mai 2024, était lancée par le biais d’un direct sur YouTube, la grande concertation sur « le respect de l’autorité ».

Ce temps, suivi par des représentants de l’institution, représentants syndicaux, représentants des parents et élèves, ne laissait place à aucune interaction, pas même dans les commentaires. Le ministère devrait relire la définition du mot « visioconférence » avant de l’employer. Il a en revanche permis à un philosophe, une chercheuse en sciences de l’éducation et un sous-directeur de la DEPP de faire des présentations (celle de la DEPP n’étant pas dénuée d’intérêt – voir ci-dessous).

La ministre a rappelé les pistes déjà envisagées par le premier ministre, et présenté les siennes propres : mesure de responsabilisation au primaire, harmonisation des punitions, pause numérique sans smartphone.

Mais ce temps lançait surtout une concertation qui durera quelques semaines, tout en sachant que des ponts émaillent lesdites semaines et que le premier volet sera surtout réservé aux recteurs, DASEN, inspecteurs et partenaires de l’école.

Lire la suite

Syndicat enseignant